samedi 14 mai 2011

YEKEPA!


Blue Lake - Nimba mine
Non, ce n'est pas un cri de guerre Libérien... Yekepa, c'est une petite communauté du comté de Nimba, à la frontière de la Guinée et de la Côte-d'Ivoire. Cette ville, au milieu de la jungle, a été construite à l'époque de LAMCO (l'ancien exploiteur de la mine de minerais de fer) afin d'y héberger les différentes infrastructures nécessaires au fonctionnement du complexe. Je compte de grands ateliers de réparations de locomotives et de wagons, des entrepôts, des bureaux, un petit héliport, un hôpital, des écoles et quelques "area" où les travailleurs logeaient. Apparemment, selon le statut que tu avais dans l'entreprise, tu avais un droit d'accès différent aux différents quartiers du village. Aujourd'hui, la majorité des maisons sont occupées par des locaux et par les expats et le management de ArcelorMittal.
Moi et un monstre mécanique
Ce qui fait la particularité de ce petit coin de pays, par rapport à la côte atlantique, ce sont les montagnes. L'ancienne mine que l'on nomme aujourd'hui "Blue Lake" a été creusée dans l'une de ces montagnes qui est tout juste à la frontière des trois pays. Et personnellement, je trouve que c'est un lieu fort impressionnant. Non seulement la géographie est incroyable, mais la désolation qui entoure ce lieu est aussi poignante. J'en ai déjà parlé il y a quelques semaines, mais je le redis. Imaginez-vous un instant il y a 2 décennies, vous êtes opérateur de l'une de ces méga excavatrices et un soir, après avoir vidé le "bucket" de minerais dans un camion, vous tournez la "switch à off" et vous retournez à la maison. Vous ramassez vos effets et ceux de votre famille et vous prenez le prochain transport pour quitter le pays, votre maison, votre travail, vos amis, vos collègues... C'est la fin, tout le monde doit quitter en laissant tout en plan ; la guerre civile fait rage dans le pays. 
Plusieurs années plus tard, la mine revit, et toutes ces machines, ces infrastructures, tout est encore au même endroit. Les vandales et la nature ont pris graduellement possession des tout ça; il ne reste plus que les morceaux que les gens d'ici n'auront pas réussi à transporter au fil des années de guerre civile. L'ancien atelier de réparations a aujourd'hui l'air d'un cimetière de locomotives et de wagons. C'est impressionnant et évidemment ma grande curiosité m'a amené à faire un petit tour de reconnaissance avec des collègues.
Concasseur - Tokadeh mine
Je viens de passer un peu plus d'une semaine dans cette région tranquille du Libéria. C'est la deuxième fois en fait que j'y vais. Mais cette fois j'ai eu un peu plus de temps libre pour explorer autour de moi. Je suis allé dimanche dernier faire un petit tour sur l'une des montagnes; je suis allé à l'un des plus hauts points sinon le plus haut point du pays. J'ai fait la route en voiture mais j'ai quand même fait un peu de trecking au dessus pour me rendre jusqu'au meilleur point de vue pour voir Blue Lake, la Guinée et la Côte-d'Ivoire en même temps. Trop bien!!!!  J'ai franchement adoré.
Et petite parenthèse, mercredi dernier a marqué une étape dans l'avancement du projet sur lequel je travaille. La première pelletée de minerais a passé avec succès dans le concasseur et nous avons vu le début du "stock pile" se créer. Le point critique du projet étant de concasser et transporter suffisamment de minerais pour remplir un bateau qui devrait quitter le port de Buchanan dans maintenant un mois. Il y a encore beaucoup de pain sur la planche mais on y arrivera!

mercredi 4 mai 2011

Thank God I'm Alive!

Comme je soulignais lors de mes aventures au Cameroun il y a quelques années, lorsque je demande à des collègues africains comment ils vont, la réponse la plus commune n'est généralement pas notre traditionnel "Ça va!". On se réfère en effet souvent à Dieu pour dire que ça peut aller... Et ces derniers temps je comprends de plus en plus la signification profonde de tout cela et c'est pas évident à prendre! Je revenais à Buchanan il y a une dizaine de jours et deux collègues libériens sont absents.... l'un est malade; il a la malaria. Cette maladie est un vrai fléau ici et se manifeste surtout à cette période de l'année avec la saison des pluies qui débute. Que tu sois blanc, noir, jaune, rouge ou vert... personne n'est à l'abris. Il y a bien toutes ces médications qui aident à prévenir mais à long terme ce n'est pas souhaitable de toujours la prendre. Moi, je la prends toujours puisque ce sera pour moins de 6 mois. Autrement, plus long que ça, nombreux sont les expats qui diront que t'es mieux de juste traîner avec toi le "kit de survie". C'est une médication sur trois jours qui te guérira de la malaria, si elle est décelée rapidement dans le sang. Bref, cela te met KO pour 3-4 bonnes journées et ensuite tu es sur pieds... les gens vivent avec ça ici, c'est normal de l'attraper.
L'autre de mes collègues absent, était au chevet de sa femme, malade. Et j'ai appris qu'elle était décédée ce dimanche. Ça c'est un choc; elle n'avait qu'une quarantaine d'années. Et c'est malheureusement la réalité de bien des familles africaines de voir disparaître un parent si tôt. Aujourd'hui je comprends le sens de cette réponse "Thank God I'm Alive!".
Sur une note différente et bien inhabituelle, je vais parler politique. Hier matin je me suis réveillé, j'ai petit-déjeuné et arrivé au boulot, j'ai vite fait le tour des nouvelles et je dois avouer avoir pris quelques minutes de plus qu'à l'habitude pour essayer de comprendre ce qui était arrivé, lundi le 2 mai 2011, au Canada!!! Mon beau pays avait changé de face, il était devenu majoritairement bleu. Deux chefs de partis qui démissionnaient et une pluie de réactions hautes en couleurs sur les différents médias sociaux. Mais que s'est-il passé??? Qu'arrivera-t-il??? J'espère que Jack tiendra parole et qu'il fera une vrai opposition et aussi j'espère que Harper dit vrai et que les conservateurs en majorité feront en sorte d'unifier le pays.... humm J'ai des doutes là-dessus quand je vois le Québec qui s'affiche aussi orange que les Néerlandais le 30 avril au jour de la Reine. Bonjour l'unification!!!  Il ne manquerait plus rien que nous tombions en référendum pour la souveraineté de La Belle Province... et que ça passe!!! Ce serait le "boute"! Disons que le fameux "Si la tendance se maintient" de Radio-Canada n'a pas dû se faire attendre trop longtemps dans la soirée... :) Dur réveil, je vous jure!
Sinon, ici, c'est la routine qui reprend. Je continue de m'entraîner tous les soirs avec des collègues et des militaires de l'ONU au basket-ball ou au volley-ball. Et je me surprends à suivre le rythme. Apparemment cela paraît puisque j'aurais perdu du poids, du moins à la bedaine... Yesss  J'aurai vraiment l'air d'un super athlète à la fin de mon mandat ici. Il commence à pleuvoir de plus en plus, pour l'instant surtout la nuit alors ça va encore! Je quitte pour Yekepa pour environ une semaine ce jeudi; il y a un peu de travail de terrain et de la planif à faire pour l'entreposage de matériel. Cela fera du bien de quitter la côte pour aller dans les montagnes à la frontière ivoirienne et guinéenne. Je vous parlerai de ce petit coin de pays dans mon prochain bulletin.
Aller, bonne semaine!!!

lundi 18 avril 2011

Ma journée en un clin d'oeil

Mercredi dernier j'entamais un eurotrip "light version". Pourquoi, parce que j'en avais envie et aussi, mais surtout, parce que le billet pour l'Europe ne me coûtait rien! :-) Mais par dessous tout, c'était une super 'occaz' pour faire des retrouvailles.
Après une semaine intense à Montréal, je me suis donc réservé un petit 11 jours de vacances sur le vieux continent. Paris, Cracovie, et pour la suite, une petite tournée néerlandaise puis enfin, Bruxelles. Dimanche, c'est la fin, il faut bien travailler pour les mériter ces vacances; je retourne au Libéria.
Sans surprise, le bilan de ma visite parisienne fut un succès. Un souper à saveur de décalage horaire avec Amélie, un pique-nique sur le Champ de Mars avec Nico et Sophie, et quelques bons moments bien arosés avec Julien, Caro et leur super 'potes' en ont été la clé. Trop bien!
La suite, je vous l'écrie en directe de l'aéroport de Krakow, une pinte de Tyskie à la main. Il est passé 19h et le soleil n'est pas couché; j'avoue que cela change de Buchanan!!! Je viens de passer le weekend avec Adriana, mon amie/ex-collègue/ex-colloc en Inde. Nous avions fait notre stage ensemble à Mumbai. Il y plus de 3 ans, j'étais passé par ici avec d'autres fellow-backpackers, mais cette fois je revenais en ayant déjà un ou deux repères, ça fait toujours plaisir... Et en plus, j'ai aussi revu Martina, une autre stagiaire qui était aussi à Mumbai au même moment il y a 2 ans. Comme le monde AIESEC est petit!! Lors de mon dernier passage ici, c'était le début de l'hiver et il ne faisait pas très beau; par contre ce weekend, il a fait soleil et relativement chaud, pour la mi-avril. Température similaire à celle de Montréal en fait. 
Pour ceux qui me connaissent bien, c'est l'époque de l'année que je prèfère dans les pays à quatre saisons distinctes. Le moment de l'année où l'on peut enfin retirer nos 'suits de skidoo' et profiter du début des terrasses. Au risque de paraître 'macho', j'ajouterai que c'est le moment où les jupes réapparaissent enfin et qu'elles raccourcissent à mesure que le mercure monte...

L'ANECDOTE
Dans 30 minutes, je dois prendre le train pour me rendre à l'aéroport pour mon vol Ryanair à destination de Bruxelles. Je décide donc de marcher un peu dans ce grand parc qui fait le tour du MarketPlace dans la vieille ville à Cracovie. Il fait beau, le soleil est radieux et les filles sont belles. Mais attention, oui oui, elles le sont toutes!!!! Même les plus moches sont tout de même jolies, vous imaginez donc le sourire qui s'est accroché à moi ces derniers jours?? Ehhheehehhe.. :)
Souriant, je déambule dans le parc et soudain mon regard se pose sur l'une de ces jolies Polonaises. Vous savez ce croisement de regards intense qui n'arrive pas souvent? Voilà! Je lui lance donc un de ces clin d'oeil et elle me répondit en souriant un peu plus fort tout en tournant au rouge. :)
Ce fut suffisant pour "faire ma journée!"

Voilà pour les nouvelles, je vous dis à bientôt...

lundi 28 mars 2011

C’est bleu, virant au mauve; c’est petit et mon tout fait mal…

Bordel que ça fait mal!!!! Je crois qu’au moment où je me suis tapé les orteils contre la roche, j’ai dû réciter tous les plus beaux mots de la langue française, version québécoise. Ça nous est tous arrivé des dizaines de fois de se cogner les orteils sur une patte de chaise ou de lit… Ce que j’ai ressenti, ce sont ces dizaines de fois cumulées en une seule; je dois être bon pour dix ans là. Le pire c’est que c’est le petit orteil qui a pris le plus gros, ayoye! Encore un incident de plage…
J’espère juste que je vais arrêter de « bouetter » d’ici au weekend prochain. Eh oui, cela fera huit semaines déjà que je suis dans cette prison tropicale ce qui veut dire que j’aurai mes trois semaines de permission…. Yééééé !
Petite parenthèse, il n’y a pas eu que du mal à la plage hier; un collègue qui fêtait son anniversaire nous a gâtés. Il a acheté une douzaine de langoustines fraichement pêchées et un autre collègue, Acadien, nous les a apprêtées d’une façon… wow… j’en ai mangé deux énormes. Je me suis régalé. :)
Depuis les dernières semaines, j’ai de plus en plus l’impression de vivre dans une prison. Je ne sais pas si c’est le fait que j’approche de mes vacances mais à bien y penser c’est peut être plus les récents avertissements que nous avons reçus. Ici, comme je vous l’ai sans doute déjà mentionné, nous vivons dans un genre d’enclos avec des « checkpoints » à différents endroits. C’est pour notre sécurité certes, mais c’est étouffant à la longue.
D’abord on nous informe – un rappel en fait – que nous ne pouvons pas sortir de la concession après la tombée de la nuit; on nous a rapporté un vol/attaque à main armée en ville récemment. Pas rassurant! Par-dessus cela, on nous a fait un security briefing la semaine dernière sur la situation actuelle en Côte-d’Ivoire. Pas génial non plus. Des milliers de réfugiés affluent à la frontière libérienne depuis les derniers mois et récemment il y aurait eu des affrontements dans une région plus rapprochée de la mine où l’on extrait le minerai de fer. La mine se situe à environ 300 km de Buchanan donc y’a pas de souci pour le moment et selon les Nations Unies, c’est relativement stable comme situation (au Libéria) mais j’ai l’impression de voir moins de soldats qu’à l’habitude dans la base près d’où j’habite… Mais je ne saurais le dire avec certitude.
Enfin, même si y’a pas de quoi s’inquiéter par ici pour le moment, heureusement d’ailleurs, c’est quand même lourd à la longue de ne pas avoir accès au monde local à l’extérieur du port. Toujours entouré du même monde matin, midi, soir et nuit!!!! Y faut je sorte! Hhehheh Plus que 5 jours et je vais en vacances…. à Montréal. Comme tu disais Geneviève, cela sera exotique pour moi. Je passerai donc une semaine à la maison et une dizaine de jours à vagabonder en Europe.
« I’m coming, I’m coming… » Comme dirais les Libériens par ici.

mercredi 16 mars 2011

“It’s big, It’s new, It’s Russian!”

Vivre en collocation avec les Nations Unies, cela fait maintenant partie de mon quotidien. Après tout, je vis maintenant au Liberia ; il y a moins de dix ans le pays était encore en pleine guerre civile. Résultat, la concession portuaire de Buchanan qui appartient à mon client est aussi l’hôte de deux régiments de l’ONU. Leur code ici, c’est UNMIL (United Nations Mission In Liberia). Le Ghana et le Népal y ont des soldats en permanence sur deux bases séparées par une route, celle que j’emprunte chaque jour pour aller au boulot. Je vous dirait que c’est assez impressionnant à première vue d’être en tout temps entouré de militaires mais au final, cela apporte un certain sentiment de sécurité. Le pays est actuellement très stable donc il n’y a pas de quoi avoir peur mais pas très loin de nous à la frontière ivoirienne, il y a des milliers de réfugiés qui ont fuit à cause du climat tendu, surtout à Abidjan où deux présidents réclament le pouvoir suite aux dernières élections. C’est sur le campus du Ghana que je vais d’ailleurs jouer – presque tous les jours – au basketball ou au tennis avec mes collègues ; et parfois des soldats en pause.
Aujourd’hui, mardi, c’est férié au Liberia. J’en profitais donc pour marcher un peu autour de chez moi et soudain un hélicoptère passe au dessus de ma tête. J’ai l’habitude de ça aussi maintenant ; j’en vois passer un à deux par jour. Mais celui-ci a atterris cette fois. À l’époque, LAMCO, l’ancien exploitant de la concession, avait aussi construit un petit aéroport pour les petits vols locaux entre le port (Buchanan), Monrovia et la mine à Yekepa. Et ce petit aéroport est maintenant tout délabré, comme tout le reste autour, mais il sert maintenant d’héliport pour l’ONU et à l’occasion les VIP de mon client qui ne veulent pas se taper les 6-7 heures de tape-cul entre ici et la mine !
Grand curieux que je suis, je m’approche de l’aéroport – 5 minutes de marche de ma petite villa – et je vois ce gros appareil qui doit accommoder une dizaine de personnes. WOW ! Quelques expats à discuter autour, je m’approche. Je n’ai pas trop de difficulté à franchir la clôture puisque je joue à l’occasion au tennis avec le Ghanéen en poste… :P
Je n’ai pas eu le temps d’aller discuter avec les whitemen puisque l’hélico partait quelques minutes plus tard. Juste le temps de faire un clin-d’œil à l’hôtesse et de sortir une remarque digne des plus grands connaisseurs : « It’s a big helicopter ! » et le pilote de me répondre avec son gros accent russe : “Yeah… It’s big, It’s new, It’s Russian!”

jeudi 10 mars 2011

"Chop-Chop", Frustrations & Compagnies

Une longue semaine s'achève, enfin. Plus que vendredi et samedi!
La semaine devait normalement commencer lundi dernier comme toutes les autres, à 07h00. Il en fût tout autrement; un navire cargo est arrivé au port dimanche matin plutôt que le soir. Normalement tu es content quand un chargement complet de fournitures de construction arrive plus tôt. vEn fait c'est relatif, il devait arriver fin janvier!!! Mais bon dans le cas présent, plus tôt dans la journée, un dimanche, ma seule journée de repos!!!!
Ce chargement, nous (l'équipe d'approvisionnement) devions en assurer la supervision pour que tout aille bien, nuit et jour.... Vous me voyez venir: j'ai hérité du quart de nuit. Nous n'étions que deux disponibles, les autres étant en vacances ou à Monrovia pour affaires. Douze heures de plaisir chaque nuit à superviser le déchargement du navire, pendant 3 nuits.... ouch!!! La première nuit je dois avouer que c'était en effet amusant de m'imiscer dans tout ce processus et de voir comment cela fonctionnait.
Le challenge de ces 72 heures continues de travail était que tout à bord n'était pas nécessairement conteneurisé; une palette par ici, un rouleau de fil électrique par là, une grue de 40 tonnes,10 camions "10-roues ou dump-trucks", et j'en passe. Donc il fallait placer le matériel dans la cale et ensuite le tirer avec une grue à l'extérieur. Je vous épargne les détails... Disons qu'une de mes réussites aura été de faire monter un chariot-élévateur à bord pour aider les débardeurs à faire leur boulot.
Un débardeur, c’est employé portuaire affecté au déchargement des navires. Dans le cas d’un port privé comme celui où je suis, c’est une entreprise contractuelle qui doit assurer le tout et qui doit fournir son propre matériel de déchargement pour rendre au client, sur la berge, ce qu’il attend. Là ce n’est que de la théorie ! En réalité, tu reçois une dizaine de gars peu formés, un bossman, et quelques câbles qui ont dû faire la guerre. Bonjour sécurité !
La première journée aura été de finalement fournir aux débardeurs ce qu’ils avaient besoin et de les former et surtout, de discuter, en vain, avec un abruti de bossman qui ne voulait rien que faire à sa tête… Bordel !
Une envolée de 40 tonnes
Ma deuxième nuit commença avec le mot « chop-chop » et cette expression hanta mes premières heures… Je cherche l’opérateur du chariot élévateur, l’opérateur de la grue, les débardeurs, peu importe qui je cherchais, on me disait : « Chop-chop ». Eh oui, ça veut dire parti-manger pour un indien qui ne parle pas trop anglais. Ok, parfait, on a tous le droit de manger… mais pourquoi ils ne se coordonnent pas tous ensemble pour ne pas arrêter le processus ??? Hein, pourquoi… eh oui pour embêter le ti-coune blanc-bec qui s’énerve à tout vouloir vider la cale du navire (c’est moi ça) !!
Si je vous présente la hiérarchie de projet en quelques mots : il y a le client ArcelorMittal qui nous embauche nous, SNC-Lavalin pour tout contrôler à leur place… ça inclut les contracteurs sur le chantier ; le plus important étant indien. Donc il y avait moi, le seul SNC ; le seul westerner présent la nuit qui représente le client et qui supervise un navire étranger au port, un entrepreneur local mal équipé pour décharger et le contracteur indien, tout ça sur un sol ouest-africain… what a mix !
J’ai bien hâte à mon dimanche pour me reposer ; pas de navire prévu ce weekend !!!
Bonne fin de semaine,
Mat.

mardi 1 mars 2011

A moment of genuine cheerfulness...


Un titre anglais, mais un texte bien franco... Simplement que ce titre m'est venu en tête alors que je discutais avec des collègues... en anglais! Et je trouve que la traduction sonne bizarre.... Faut croire que je m'anglicise!

Toujours est-il que dimanche dernier, c’était lunch (ou petit-déj, car je me suis levé très tard…) spécial… nous avons fait cuire des hot-dogs sur le BBQ chez des collègues. Yééé, je dois dire que ça fait un petit peu changement des plats servis à la cantine et surtout le fait que la température était splendide ; un soleil radieux ! Mais évidemment, ce n’est pas d’un simple BBQ que me vient mon titre.
En fait, à midi (SAT ou Standard African Time ou si vous préférez avec près de deux heures de retard) nous avons reçu une quarantaine de jeunes de différentes écoles de la région et nous avons partagé avec eux notre lunch. Mais l’idée de base de la réception c’était de leur offrir des ballons et des chandails de soccer. Bon c’était de l’équipement usagé certes, mais vous auriez dû les voir! Il ont accourus pour se procurer une balle et ensuite on les a accompagnés sur le terrain vague à côté pour se faire donner des leçons de « foot » par des jeunes de 10 ans à peine… Trop bien !
L’expression: « Offrez leur du pain et des jeux » prenait cette fois une toute autre dimension que celle dont je faisais référence dans mon blog il y a quelques années, une dimension cette fois plus humaine et VRAIE. Des hot-dogs, des bonbons, des boissons gazeuses et quelques accessoires de foot pour un après-midi réussi qui nous – du moins à moi – aura donné une super leçon !
Le moment culminant aura sans doute été de voir ces enfants courir, tout sourire, dans le champ avec leur nouveau ballon et leur provisions de pepsi et de sucreries dans leur poches qu’ils allaient rapporter à la maison pour partager avec leurs frères et sœurs. Et nous, expats qui ne manquons de rien, bras croisés à les regarder s’amuser, nous cherchions nos mots pour décrire la scène. Dans ma dernière chronique, je vous disais que l’Afrique ce n’est pas que ce que les nouvelles du soir nous rapportent, c’est aussi, des choses toute petites qui feront une grande différence pour ces enfants. C’est ÇA que je décris comme étant des moments de « Genuine Joyfulness » et c’est ce que les journalistes n’arrivent pas à nous transmettre, à nous Westerners !

Enjoy !

Mat.